Le général L'Hotte a dit : « Les postérieurs suivent exactement les lignes tracées par les antérieurs ».
- En ligne droite, le rachis est droit et l'activité de chaque postérieur est égale, la poussée se transmet intégralement vers l'avant.
- En ligne courbe, le rachis épouse la forme du cercle avec facilité, le cheval ne pèse ni à l'extérieur ni à l'intérieur. Le bipède extérieur est éloigné, le bipède intérieur est rapproché. Le postérieur extérieur entretient la poussée vers l'avant et le postérieur intérieur s'engage. Un simple travail sur le cercle permet donc de travailler l'amplitude du pas et du trot par l'extension du bipède externe et flexion du bipède interne.
Le premier stade de la rectitude est une marche franche vers une direction déterminée, c'est à dire, sans torsions ni contractions. « Calme, en avant, et droit » L'Hotte.
En réalité :
« Le cheval vient au monde avec deux moitiés dépareillées, l'une forte, l'autre faible » Licart.
Tous les chevaux sont infléchis naturellement, le plus souvent à gauche, (certains l'attribuent à la position f½tale "in utero" (dans l'utérus), d'autres la voient dans le tomber de la crinière, ou l'expliquent par le contact de l'homme et ses habitudes de travail), et correspond à une tendance à surcharger un côté droit ouvert en allégeant un côté gauche fermé. Le postérieur gauche s'engage plus qu'il ne pousse et le postérieur droit pousse plus qu'il ne s'engage. Le cheval répugne à accepter le contact franc de la rêne droite, extérieure à son pli naturel, se contracte et fléchit encore plus à gauche.
Si elle est trop accentuée ou si la croissance osseuse est terminée, il est très difficile de redresser l'incurvation. Au contraire, si l'incurvation est moindre ou si le cheval est encore jeune, on peut redresser la colonne vertébrale en provoquant dans le système musculaire une dissymétrie favorable à la flexion opposée. Le cheval est alors « relativement droit ».
Travail a effectuer :
Il faut porter toute son attention sur la communication avec la commissure droite, le rôle fondamental de la rêne extérieure régulatrice n'étant plus assuré même avec le bon pli. Le cheval peut à tout moment entrer en défense et sortir des aides. Quelques exercices pour parvenir au rétablissement d'une flexibilité égale des deux côtés avec un cheval étant, à la base, infléchis à gauche :
- Cercle à gauche en contre-incurvation ou droit
- Cercle à gauche agrandi
- Cercle à droite avec une incurvation normale et en se concentrant sur le contact extérieur
- Cercle à droite rétréci avec une incurvation normale
- Cercle à droite de taille plus réduite que les cercles à gauche et en alternance (8 de chiffre dissymétrique)
- Serpentine
- Bouger les hanches
- Épaule en dedans
Puis, exercices de vérification :
- Arrêt droit
- Reculer
- Vérification de l'engagement des postérieurs dans les transitions.
- Tête au mur
Attention : Les muscles de l'encolure à gauche sont moins souples que ceux de droite, du moins au début du travail. Ils s'étirent beaucoup moins. Il faut prendre garde à cesser le travail à droite dès la moindre contraction néfaste à l'assouplissement de ces muscles (extension), changer de mains régulièrement et revenir dans de bonnes conditions à main droite. Ne pas trop insister , l'homme ne fait pas le grand écart en 3 séances d'assouplissement.
Idées directrices d'un article de Robert Coutable qui réfléchit sur l'incurvation du cheval d'attelage (pouvant également se rapporter à la discipline de dressage) :
1- Le défaut de rectitude sur le cercle (incurvation) provient d'un manque d'équilibre longitudinal (avant main / arrière main)
2- Un cheval en équilibre, donc qui s'engage beaucoup, profitera plus vite du travail d'assouplissement.
3- Commencer toujours le travail par le côté le plus souple pour aider à la décontraction. (longues rênes)
4- Le trot de travail doit être plutôt lent pour faciliter l'engagement. (longues rênes)
5- Au petit trot sur un petit cercle, vous devez voir le postérieur interne passer sous la masse, et venir se poser en avant de l'autre postérieur : le cheval croise afin de conserver son équilibre et ce dans l'incurvation. Les chevaux non assouplis se désengagent et jettent leurs épaules à l'extérieur pour reprendre leur équilibre.
6- Deux règles importantes en voiture :
° A l'abord d'un tournant, ne pas changer de cadence, envoyer par l'action de la voix votre cheval légèrement sur la main, ce qui lui permettra de conserver son équilibre en croisant et en s'incurvant comme appris aux longues rênes.
° C'est le poignet opposé qui donne progressivement le tournant et ceci sans perdre le contact.
Commentaires extérieurs de personnes anonymes sur ces idées directrices :
3- Les grands principes reviennent toujours, mais il est utile d'insister sur le fait de travailler dans la décontraction, être à l'écoute de son cheval et de sa fatigue, autant musculaire que psychologique.
4- La lenteur préconisée dans le travail au trot pour renforcer l'engagement n'est pas un trot avec une vitesse lente, mais avec une cadence lente. Cette « lenteur » minimise les conséquences de la force centrifuge qui peut exister à la longe comme aux longues rênes, et qui projette le cheval à l'extérieur, l'obligeant à se rééquilibrer sur le latéral externe.
5- Le cheval croise ses postérieurs par engagement sous la masse, ce n'est rien d'autre que la cession de hanches. Mais maintient-il son équilibre, l'équilibre longitudinal dont parle R. Coutable ? Devant pivoter autour de l'antérieur du dedans, le cheval doit alléger au maximum ses hanches et surcharger ses épaules... cet exercice n'a qu'un intérêt correctif pour les défauts de rectitude, mais pas d'équilibre. Sa pratique systématique et prolongée n'est pas justifiée au plan gymnastique, car plus le cercle est rétréci, plus le cheval croise au lieu de s'engager, plus le cheval est mis sur les épaules et en dehors du mouvement en avant.
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